Personne ne l’avait vu venir. Trois ans après son divorce tonitruant avec Electronic Arts, la FIFA réapparaît là où on ne l’attendait absolument pas : dans le catalogue de jeux de Netflix. Le 11 juin 2026, la plateforme de streaming va proposer à ses abonnés FIFA World Cup : Launch Edition, un jeu mobile pensé pour accompagner la fièvre du Mondial 2026. Un virage qui en dit long sur la nouvelle stratégie de l’instance dirigeante du football mondial, comme sur les ambitions vidéoludiques d’un Netflix bien décidé à ne plus se contenter de séries.
Un jeu mobile, pas un rival d’EA Sports FC #
Première précision indispensable pour calmer les nostalgiques : FIFA World Cup : Launch Edition n’a rien d’une simulation réaliste capable de tenir tête à EA Sports FC. On est très loin du moteur Frostbite, des animations capturées au millimètre et des modes Carrière interminables qui ont fait la réputation de la franchise historique. Ici, l’expérience est volontairement épurée, taillée pour le smartphone et pour des sessions courtes.
Le principe est simple : les joueurs prennent le contrôle, depuis leur téléphone, des sélections qualifiées pour la Coupe du monde 2026. Le tout se joue en solo ou jusqu’à quatre participants, dans un format pensé pour être accessible immédiatement, sans courbe d’apprentissage interminable. C’est davantage l’esprit d’un party game footballistique que celui d’une simulation exigeante. Une approche qui colle parfaitement à l’ADN du catalogue de jeux Netflix, construit autour de titres faciles à prendre en main et à reposer.
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Comprendre le divorce FIFA – EA, à l’origine de tout #
Pour saisir l’ampleur du choc, il faut remonter au feuilleton qui a agité l’industrie pendant des mois. Pendant plus de vingt ans, le mot « FIFA » et le jeu vidéo de football ne faisaient qu’un. La licence détenue par EA s’était imposée comme une institution, vendant des dizaines de millions d’exemplaires chaque automne. Puis tout a déraillé autour de 2022, sur fond de désaccords financiers profonds.
La FIFA réclamait à EA des sommes colossales pour le simple droit d’apposer son nom sur la boîte : plusieurs centaines de millions de dollars étaient sur la table. EA a estimé que l’acronyme valait surtout pour ses quatre lettres et son habillage, et bien moins que les véritables actifs du jeu — les licences de clubs, de joueurs et de championnats, négociées séparément. Le calcul a tranché en faveur du divorce.
EA a compris que la valeur ne tenait pas dans les quatre lettres FIFA, mais dans les vrais clubs et joueurs. La FIFA, elle, vient de découvrir l’inverse.
Dès 2023, EA a rebaptisé sa série EA Sports FC, conservant l’essentiel : les vraies équipes, les vrais visages, les vraies compétitions. Le pari a payé. EA Sports FC 26 domine toujours largement le marché de la simulation de football, preuve que les joueurs suivaient le contenu et non l’étiquette. De son côté, la FIFA s’est retrouvée propriétaire d’une marque ultra-puissante… mais sans jeu pour la porter. Restait à lui trouver un nouveau foyer.
Netflix, le partenaire que personne n’attendait #
C’est là que le scénario bascule dans l’inattendu. Plutôt que de signer avec un éditeur de jeux traditionnel, la FIFA a choisi Netflix. Sur le papier, le rapprochement étonne : le géant du streaming n’est pas un studio de simulation sportive, et son catalogue ludique reste discret comparé à ses films et séries. Mais en y regardant de plus près, la logique devient limpide.
Netflix muscle depuis plusieurs années son offre de jeux, intégrée sans surcoût à l’abonnement. L’objectif est clair : augmenter le temps passé sur la plateforme et donner aux abonnés une raison de plus de ne pas résilier. S’offrir une marque aussi mondialement reconnue que FIFA, à quelques jours d’une Coupe du monde, c’est s’acheter une visibilité gigantesque et un argument marketing en or pour pousser sa branche gaming sur le devant de la scène.
Pour la FIFA
Pour Netflix
Pour les abonnés
Pour le timing
Les jeux Netflix ne se limitent d’ailleurs plus au seul smartphone. La firme évoque depuis quelque temps une disponibilité élargie sur PC et Smart TV, ouvrant la voie à des expériences jouées directement depuis le salon, manette ou téléphone en guise de contrôleur. Reste à voir sous quelle forme exacte FIFA World Cup : Launch Edition profitera de ces différents supports.
EA Sports FC contre FIFA : deux mondes qui ne se croisent pas #
Il serait tentant de présenter ce retour comme une guerre rouverte entre EA et la FIFA. Ce serait une erreur de lecture. Les deux produits ne jouent tout simplement pas dans la même cour, ni sur le même terrain. D’un côté, une simulation premium vendue plein tarif chaque année, pensée pour des joueurs exigeants sur console et PC. De l’autre, un jeu mobile gratuit pour les abonnés, conçu pour le grand public et les parties improvisées.
⚽ EA Sports FC 26
- ▸Simulation réaliste sur console et PC
- ▸Licences réelles de clubs et de joueurs
- ▸Vendu plein tarif chaque saison
- ▸Domine le marché de la simulation
📱 FIFA World Cup (Netflix)
- ▸Jeu mobile simplifié et accessible
- ▸Sélections du Mondial 2026 jouables
- ▸Inclus dans l’abonnement Netflix
- ▸Solo ou jusqu’à quatre joueurs
Autrement dit, EA garde son fief de la simulation hardcore, tandis que la FIFA explore le terrain du jeu casual de masse. Les deux peuvent parfaitement cohabiter, voire se nourrir mutuellement de l’engouement footballistique de l’été 2026. Le seul vrai perdant potentiel serait le joueur qui espérait un grand retour de la « vraie » FIFA d’antan : ce n’est clairement pas ce projet-là.
Ce qui reste flou avant le coup d’envoi #
À ce stade, plusieurs zones d’ombre subsistent et invitent à la prudence. Aucun montant financier n’a filtré sur l’accord entre la FIFA et Netflix, alors même que c’est précisément ce sujet qui avait fait exploser le partenariat avec EA. Le studio réellement aux commandes du développement n’est pas davantage mis en avant, pas plus que d’éventuels partenaires techniques. Et la question des licences — verra-t-on de vraies stars ou des avatars génériques ? — n’a pas reçu de réponse claire.
Une chose est sûre : avec ce coup, Netflix continue de brouiller les frontières entre streaming et jeu vidéo, et la FIFA prouve qu’elle compte bien faire fructifier son nom autrement que via une simulation annuelle. Reste à voir si les abonnés joueront le jeu… ou se contenteront de regarder les vrais matchs du Mondial.
Questions fréquentes #
Faut-il payer en plus pour jouer à FIFA World Cup sur Netflix ?
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Ce jeu remplace-t-il EA Sports FC ?
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Quand le jeu sort-il et sur quels supports ?
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Pourquoi la FIFA n’est-elle plus avec EA ?
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Verra-t-on de vraies stars dans le jeu ?
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Source : Journal du Geek
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